Je ne sais pas pourquoi j'écris ça sur mon blog mais il faut que j'extirpe hors de pensées et de mon corps ce qui m'arrive à cet instant précis. N'y voyez aucune envie de faire sensation mais à qui en parler ?
Depuis une heure ou deux, j'ai des jambes de coton, la tête lourde et des angoisses. Ressurgit en moi un passé que j'ai occulté depuis le début et, pourquoi aujourd'hui me renvoie-t-il le vécu d'un soir d'Ascencion en 1971 ? A 19 h 50, une pluie fine, l'inquiétude de mon examen de secrétaire pour le lendemain et puis le cri de ma meilleure amie, Jeanne, qui me sort de mes pensées : "Oh ! Celui-là !". Sensation d'incrédulité, tout va vite mais se déroule comme un film au ralenti dans ma mémoire. Une voiture qui nous double sans visibilité et, en face, derrière le "faux-plat", l'avant d'une mercédès qui apparait, se met en crabe et nous voila entraînés dans ce mixage de 4 véhicules dont nous ne savons pas qui fait quoi.
Quand le mixer s'arrête, des amas de tôles immobilisées et un silence "étourdissant" ont du mal à nous sortir de notre torpeur.
Quelle aurait été la vie de Hervé, 6 ans,... celle de son papa, Paul, 40 ans,... celle de Jean-Luc, 21 ans et celle de Sylviane, 19 ans comme moi ? Elle s'est arrêtée à cet endroit à 19 h 50 près de La Roche sur Yon.
Que sont devenus Catherine, 4 ans, sa maman 36 ans, Félix 20 ans ? Grièvement blessés, ils ont été "amputés" symboliquement de deux êtres chers chacun. Quelques minutes auparavant, la vie était belle et prometteuse pour tout le monde.
Avec mon frère, mon amie et mes trois copains (dont mon futur mari), nous nous en sommes "bien" tirés. Le sujet est devenu tabou, il fallait oublier. Grave erreur puisqu'il vient me tarauder si longtemps après. Qui pourrait me comprendre ? Personne ! C'est donc vers toi mon blog que je viens déposer ce malaise soudain sans en attendre obligatoirement des commentaires.























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